Portrait d’un nouvel arrivant ::: Matthieu Déborbe, passionné d’aménagement et de développement local

Matthieu_DeborbeMatthieu Déborbe a quitté sa France natale en 2006 pour entreprendre un baccalauréat en urbanisme à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Au cours de ses études, un de ses enseignants l’incite à tenter une expérience professionnelle en région. L’idée est loin de déplaire au jeune homme qui a grandi à la campagne, dans la région de Vichy. Il décide de saisir l’occasion de se réconcilier avec la ruralité et accepte un stage à la MRC de La Matanie en 2010, durant lequel il développe un projet de règlement pour la municipalité de Saint-Adelme.

En 2014, après qu’il ait terminé une double maîtrise en design urbain et aménagement du territoire (Université Laval), la MRC de La Matanie affiche un poste d’urbaniste. Même s’il n’est pas encore membre de l’Ordre des urbanistes du Québec, Matthieu postule et est embauché à titre de conseiller en urbanisme. « Dans les grands centres urbains, ce type d’emploi n’est pas envisageable pour un diplômé sans expérience. On m’a fait confiance et je l’apprécie », raconte-t-il.

Il faut dire que son employeur, la MRC de La Matanie, a embauché plusieurs autres jeunes dans son équipe au cours de la dernière année, ce qui apporte un certain dynamisme à  son milieu de travail. « Tous les jeudis, on se donne rendez-vous pour des 5 à 7 à la microbrasserie La Fabrique. J’adore ce lieu, son ambiance à la fois relax et sophistiquée… et bien sûr, j’adore la bière artisanale! »

Arriver seul dans une nouvelle région, cela oblige à prendre les devants et à sortir de sa zone de confort. Matthieu l’a vite compris, et prend plaisir à essayer de nouvelles activités. « Le slam, par exemple, c’est quelque chose que je n’aurais jamais tenté à Québec. Mais ici, je me suis dit, pourquoi pas? C’est informel, les gens ne se prennent pas au sérieux, alors ça donne envie de se prêter au jeu…» explique le jeune homme.

Alimenté par sa formation en aménagement du territoire et ses intérêts pour les enjeux sociopolitiques, il s’est engagé récemment dans le mouvement citoyen « Touche pas à ma région Bas-Saint-Laurent ». Pour le nouvel arrivant, cette dynamique centre-périphérie est un rappel de ce qu’il a connu dans sa région d’origine. « Il faut souvent se battre contre une vision centralisatrice dans laquelle les régions ont un rôle de second plan. En Auvergne, j’avais été sensibilisé aux effets délétères des politiques d’aménagement décidées depuis le haut – dont le premier exemple dans l’histoire urbanistique québécoise est le Bureau d’aménagement de l’est du Québec (BAEQ) –  et je ne pouvais pas croire que l’histoire se répète ».

Même s’il apprécie les paysages grandioses et la convivialité de son nouveau coin de pays, Matthieu ne se fait pas de plans précis pour les prochaines années. « Combien de temps vais-je passer en Matanie? Je ne le sais pas. » Une chose est certaine cependant : il ne regrette pas d’avoir suivi les conseils d’un certain professeur qui l’a encouragé à explorer les opportunités au-delà des grands centres urbains.

Ce texte fait partie d’une série de portraits, réalisée conjointement avec Place aux jeunes, qui vise à faire rayonner le précieux apport des nouveaux arrivants de La Matanie au sein de leur communauté d’accueil.

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