Portrait d’un nouvel arrivant ::: Bernard Gratton, entre sciences et médecine alternative

Bernard_GrattonLa Matanie agit comme un aimant sur plusieurs amoureux de la mer. C’est le cas de Bernard Gratton, qui a récemment quitté Trois-Rivières pour ouvrir sa clinique d’acupuncture au centre-ville de Matane. De sa mère, originaire de Saint-Pierre-et-Miquelon, il a hérité l’attrait pour l’air du large. Ses premiers contacts avec la région de Matane, au cours des années 80, l’avaient déjà convaincu que les gens d’ici avaient une mentalité similaire à celle des insulaires : une manière d’être authentique, attachée à la mer mais avec les deux pieds sur terre. Voici le parcours original d’un homme qui sait marier sciences et médecines alternatives.

Lors d’une rencontre nationale d’acupuncteurs, le bruit court que Bernard envisage de s’établir dans une autre région. Il était alors ouvert à toutes les options, pour peu qu’elles soient à proximité du fleuve Saint-Laurent. Baie-Comeau ? Oui, pourquoi pas ? Puis, sa collègue Hélène lui parle du fait qu’elle peine à répondre à la demande dans la région de Matane. Matane ? Il connaît bien le coin pour y séjourner de temps à autre et y voit déjà le port d’attache de son voilier. Une semaine et une visite plus tard, la décision est prise. Il trouve un local à la Place d’affaires des îles, juste en face de l’hôtel de ville. En novembre 2014, le voilà déjà installé et prêt à recevoir sa clientèle.

Lorsque je lui demande ce qui l’a amené à l’acupuncture, Bernard me répond avec un large sourire que c’est une longue histoire. Une histoire passionnante, surtout ! Après des études en sciences infirmières, il pratique quelques années jusqu’à ce qu’un accident de travail lui inflige des blessures ainsi que la paralysie d’une jambe. En plus des traitements médicaux, on lui propose alors des séances d’acupuncture. Ce fils de pharmacien est d’abord sceptique : en quoi quelques aiguilles pourraient changer sa situation ? Il tente tout de même le coup, et en 10 séances, retrouve l’usage de sa jambe. Intrigué par ces résultats surprenants, mais ne délaissant pas son côté cartésien et rationnel, il décide d’entreprendre le DEC en acupuncture avec un objectif en tête : crédibiliser cette technique, qui est à l’époque perçue de manière un peu ésotérique au Québec. Il entreprend ensuite des études universitaires qui le mènent jusqu’à compléter une maîtrise en neurophysiologie. Par la suite, Bernard enseigne et fait de la recherche durant 8 ans dans un cadre universitaire, avant de choisir de se consacrer à la pratique de l’acupuncture.

Est-ce que les sciences « pures » et les médecines alternatives n’entrent pas en contradiction ? « Je parle les deux langages, répond-il avec bonhomie. C’est une question de vocabulaire, mais au fond, c’est la même chose. Comme acupuncteur, je parle de qi, d’énergie, des méridiens. Comme  scientifique, j’évoque plutôt les fonctionnalités biologiques, les nerfs, les tendons. Ce n’est pas contradictoire, mais complémentaire », conclut-il.

Depuis son installation en Matanie, il apprécie ses échanges avec les gens et la qualité de vie. Même les températures fraîches de cet été n’ont pas sapé son moral : « Lorsqu’un banc de brume s’avance, j’en profite pour sortir humer l’air du large qu’il amène !» Le nouvel arrivant est aussi agréablement surpris par l’offre culturelle locale. « Il se passe des choses ici, il n’y a pas que des beaux paysages ». Bernard est maintenant à la recherche d’une maison en Matanie… avec vue sur la mer, évidemment !

 

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