Portrait d’Aïssata Kagnassy ::: Quand la détermination amène à l’accomplissement de nos rêves!

Afin de clôturer le Mois de l’histoire des Noirs – février 2020, nous tenons à souligner l’apport des personnes immigrantes afro-descendantes dans notre communauté en Matanie. Pour faire écho à la thématique régionale du Bas-Saint-Laurent « Des histoires qui se rencontrent », nos chemins ont croisé ceux d’Aïssata Kagnassy, étudiante en tourisme au Cégep de Matane, qui nous partage la formidable épopée de sa venue au Québec.

Aïssata en habits traditionnels pour un mariage à Bamako

En 2018, Aïssata Kagnassy quittait sa famille afin de réaliser un rêve qu’elle chérissait depuis sa tendre enfance: voyager au Canada! Et qui plus est, étudier au Québec. La grande aventure commençait au Cégep de Matane. Un an plus tard, forte de sa détermination, elle convint sa sœur jumelle Fatoumata de la rejoindre à Matane en intégrant le programme d’Arts, lettres et communications.

Une enfance imprégnée par la chaleur de toute une famille

Aïssata Kagnassy est née à Bamako, capitale du Mali, dans une grande famille de 14 enfants. Le terme approprié serait d’ailleurs « famille élargie », car sœurs, frères, cousins, cousines, oncles, tantes, nourrices et chauffeurs, en bref tous ceux et celles résidant sous le même toit sont considérés comme membre à part entière de la « famille ». Cette particularité culturelle a imprégné toute l’enfance d’Aïssata. À vrai dire, ce sont sans doute les meilleurs souvenirs qu’elle conserve de sa terre natale et ceux qui ont forgé ses valeurs les plus profondes.

Originaire d’une famille malienne multiethnique, Aïssata habitait une maison familiale traditionnelle qui abritait une grande cour intérieure. Cet espace, placé au cœur de chaque habitation, est synonyme de rassemblement et de lieu de rencontre. On y reçoit la visite, on peut y boire le thé arabe en après-midi, on s’attelle à la préparation des repas en communauté tout en parlant de tissus traditionnels à la mode et bien sûr, on y mange en famille.  Les chambres sont spacieuses et permettent de coucher plusieurs membres de la famille.

« C’est très différent de la France et du Canada! Souvent, à partir de onze ans, les enfants veulent avoir leur propre chambre. Au Mali, peu importe l’âge, on peut dormir à quatre dans une chambre. La vie est super simple. » m’affirme avec sourire Aïssata.

Pour célébrer les événements qui sortent de l’ordinaire tel que les cérémonies de mariage, les familles se réunissent dans de grandes maisons familiales appelées « doubas » où elles passent tout un week-end à fêter les mariés. C’est dans ce cadre convivial, festif, basé sur le partage et le respect des aînés qu’a grandi Aïssata. Malgré la situation politique instable et la corruption présente au sein du pays, elle nous décrit le Mali comme une terre de liberté où il fait bon vivre et où chaque jour est apprécié à sa juste valeur.  

En 2009, Aïssata et sa sœur jumelle quittent, non pas sans regrets, leur pays natal pour rejoindre leur mère installée en France depuis plusieurs années. À cet instant précis, une nouvelle vie commence.

De Bamako à l’Île-de-France, de l’insouciance à la recherche d’excellence

À leur arrivée en France, Aïssata et Fatoumata s’installent avec leur mère et leur frère à Poissy pendant environ quatre à cinq mois. S’en suivent plusieurs déménagements et l’établissement dans la ville de Conflans-Sainte-Honorine, en Île-de-France. Le changement de rythme de vie est radical, le manque de chaleur humaine et l’absence de la grande famille se font vite ressentir. En l’espace de quelques années, Aïssata se focalise essentiellement sur sa réussite scolaire et développe un désir d’exceller dans tout ce qu’elle entreprend. Sa détermination et sa persévérance portent fruit et son succès fait la fierté de sa mère et même de toute une famille restée au Mali.

« Une fois j’ai amené mon bulletin à la maison, ma mère était super contente, elle pleurait presque de joie en voyant mes notes. J’ai surpris ma mère et ma tante restée au Mali en train de parler de moi. Ma mère lui disait : « Je sais que si je venais à mourir maintenant, Aïssata pourrait prendre soin de tous les autres, elle arriverait à tout gérer ». En entendant ça, je me suis dit que je devais continuer dans cette voie et qu’il fallait que j’y arrive coute que coute ».

Aïssata devient progressivement un membre de la famille dont on ne peut se passer en servant notamment d’intermédiaire entre ses parents et leur milieu de travail et en endossant le rôle de « conseillère d’orientation » pour les membres de sa famille. « Je m’occupe encore aujourd’hui des dossiers de demande d’étude en France de mes proches restés au Mali ». Elle s’implique également dans la mission locale de sa ville, organisme qui intervient dans l’insertion socioprofessionnelle des jeunes et devient un modèle de persévérance scolaire dans sa communauté.

On voit se dessiner, peu à peu, le profil d’une future entrepreneure!

En 2018, à la suite d’un parcours scolaire exemplaire, Aïssata obtient une bourse lui donnant l’opportunité de poursuivre ses études supérieures au Canada.

L’aventure matanaise, un retour à la chaleur humaine!

Aïssata arrive à Montréal en août 2018 avec sa mère et son frère et passe proche de la mort! En effet, elle est hospitalisée trois jours à cause de la malaria. L’année scolaire commence sur les chapeaux de roues! Mais cette épreuve n’entrave pas la détermination de notre étudiante et sa soif de découvrir le Québec. Elle participe alors au projet de jumelage interculturel du Service d’accueil des nouveaux arrivants de La Matanie (SANAM) dans le but de s’intégrer au mieux dans la communauté.

« Le jumelage te permet de sortir et de rencontrer du monde. Ma marraine me proposait des activités différentes et variées. J’ai vraiment été enrichie par l’expérience d’Élisabeth, ses voyages et sa vision du monde! Maintenant c’est plus difficile de se voir, mais la relation me manque et son cochon d’Inde Pumba aussi ! »

Aïssata se reconnait un peu plus dans la culture québécoise. « Le Québec, Matane c’est un monde à part! Ça n’a rien à voir avec la France. Les gens sont super gentils et ne vont pas hésiter à te dire bonjour dans la rue! J’ai l’impression que tisser des liens avec les autres, c’est important! ».

Pour le futur, Aïssata aimerait créer une agence spécialisée dans le tourisme en Afrique avec, pourquoi pas, un partenariat avec le Québec!

En attendant, Aïssata se plait beaucoup à Matane!

Aïssata, nous te souhaitons une belle réussite dans tes projets! Merci d’enrichir notre communauté par ton apport culturel! Il est certain que tu seras une ambassadrice de Matane, peu importe où les vents de la vie te mèneront!

Série de portraits – Nouveaux Matanais

Le 8 novembre se tenait la soirée d’accueil des nouveaux arrivants de la Ville de Matane. Durant cet événement, plusieurs portraits biographiques ont été réalisés par Mélanie Gagné, créatrice de contenu et Louis-Philippe Cusson, photographe.

Portrait 1 : Aymeric Lhote

Aymeric Lhote, 38 ans, préposé à la réception au Riotel Matane, originaire de Bourgogne en France, à Matane depuis septembre 2019.

« Je suis venu en vacances au Québec en 2014. J’ai parcouru 2 000 km, seul, en voiture. Au moment de prendre l’avion pour retourner chez moi, je me suis dit :  » Je me sens bien ici, j’ai envie de vivre ici.  » Je suis rentré en France et j’ai fait des démarches pour revenir au Québec.

En attendant d’obtenir ma résidence permanente et de travailler dans mon domaine (audiovisuel, cinéma, photo), j’essaie des choses. J’ai été snowmaker dans une station de ski en Abitibi. À Montréal, j’ai été livreur. Maintenant, je travaille au Riotel Matane.

En région on est plus proche de la vie telle qu’elle devrait l’être. Les valeurs sont plus saines que dans les grandes villes. Il y a moins d’excès, c’est apaisant. J’ai vu ici l’un des plus beaux couchers de soleil. Eh puis on a une vue sur les étoiles. »

Portrait 2 : Laurence Petit

Laurence Petit, 67 ans, retraitée, originaire de Cowansville, à Matane depuis le 18 juin 2019.

« Je me suis réveillée un matin avec le mot « Matane » en tête. Je ne connais personne ici, je n’ai aucune famille. J’ai tout laissé ! En visitant des maisons, quand l’agente d’immeuble m’a dit que Matane est un mot micmac qui veut dire « vivier de castor », l’emblème de mon pays, c’était clair ; j’allais m’installer ici. Les maisons sont abordables.

Ça peut paraître négatif, mais ce ne l’est pas… J’ai besoin de vivre loin des grandes villes, de me retrouver en tant qu’individu avant de mourir. C’est un besoin d’introspection, de méditation, de redécouverte de la beauté de la nature.

Je suis arrivée à Matane le jour de ma fête : le 18 juin. Depuis que j’y suis, tout s’est placé, c’est facile. Le négatif est parti au grand vent ! Les gens ici sont souriants, ils ont le sens de l’humour, ils aiment aider les autres, ils ont de la compassion.

Matane, sous les grands vents, me voici ! Blowin’ in the wind ! »

Portrait 3 : Svetlana Greta-Lisme et Alexandru Lisnic

Svetlana Greta-Lisme, 36 ans, préposée, fonction publique, originaire de Moldavie et Alexandru Lisnic, 36 ans, opérateur informatique pour la CSMM, originaire de Moldavie. À Matane depuis le 9 février 2019, parents de trois enfants (4 ans, 2 ans, 8 mois).

« Quand notre premier enfant est né, on a commencé à réfléchir… On a regardé notre fille et on s’est demandé ce qu’on pouvait lui offrir. On a réalisé qu’il n’y avait presque rien. Ça été le premier déclic. On vivait dans un pays pauvre dans lequel on ne pouvait pas offrir le droit aux études, le droit d’être en sécurité, la liberté de marcher dans la rue sans être insulté ou intimidé et d’entrer quelque part sans être questionné.

En arrivant au Canada, on a mis notre vie sur pause pour quelques années. Il a fallu tout reprendre à zéro, les études, apprendre à vivre autrement, apprendre le français. On ne connaissait pas la culture, les habitudes. C’est différent comme société. Au fil des ans, nous nous sommes habitués. On ne se sent pas comme des immigrants. On se sent chez nous. Nous sommes citoyens canadiens depuis 2016.

On espère avoir une stabilité à Matane, acheter une maison, voir grandir nos enfants tranquillement. »

Portrait 4 : Martine Dupuis

Martine Dupuis, 42 ans, éducatrice spécialisée, bachelière en linguistique, technicienne en loisirs, en visite pour un séjour exploratoire, de Laval.

« Je veux m’établir en région. Ça fait très longtemps que j’ai ça dans l’idée. La première fois que j’ai visité Matane, c’était en 2009, en vacances avec mes parents. J’ai trouvé l’endroit chaleureux. Je m’y suis sentie chez moi. Je viens de Sainte-Anne-des-Plaines et j’aimerais vivre à nouveau dans une petite ville.

Je veux améliorer ma qualité de vie. Il y a tout ce qu’il faut ici pour que je sois heureuse. La nature entre autres. En ville, j’ai trois emplois dont un pour le CIUSSS centre-sud pour des personnes adultes déficientes intellectuelles ou autistes qui ont des troubles graves de comportement. C’est très stressant ! On ajoute à ça le stress de la ville, le transport… C’est difficile. Ce n’est vraiment pas ma place…

Je veux avoir un travail valorisant, être une personne significative pour les gens, me sentir utile dans une communauté. J’aimerais soutenir les immigrants dans leur intégration en région. J’ai envie de faire une différence dans la vie des gens et de les aider à réaliser leur potentiel. »

Portrait 5 : Marthe Houssouhon Lengane

Marthe Houssouhon Lengane, dans la vingtaine, directrice commerciale et commis comptable chez St-Louis Sport, au Québec depuis 2015, dans La Matanie depuis avril 2018, originaire du Burkina Faso.

« Nous sommes venus en Matanie pour le travail de mon mari. Les gens sont très sociables ici ! Ils se soucient les uns des autres. Et c’est possible de commencer une carrière dans son domaine.

Le plus grand défi de ma vie au Québec, c’est que famille me manque. Je suis vraiment très attachée à mon père. Être loin, lui parler uniquement au téléphone, c’est compliqué. Mes quatre frères aussi me manquent. Je m’inquiète pour eux. J’ai peur. Au Burkina Faso actuellement et depuis mon départ, il n’y a pas la paix. Il y a l’insécurité. Je prie. Parfois quand j’appelle ma famille et que personne ne décroche, mon coeur bat fort, je me demande si ça va bien ou s’ils sont morts. C’est difficile.

Mon père est venu nous rendre visite en 2018. J’étais heureuse ! Il s’est mis à pêcher au quai des Méchins. Il s’est fait des amis. Il aimait tellement ça qu’il y allait chaque jour et ramenait 70 poissons. Au bout de deux semaines, je lui ai dit : Papa, il faut arrêter ; le congélateur est bien plein ! »

Portrait 6 : Sandrine Edmond

Sandrine Edmond, ingénieure en agroéconomie, agente de développement en attractivité et intégration au SANAM, 27 ans, à Matane depuis le 11 décembre 2017, originaire de la Martinique.

« J’avais un chum québécois que j’avais rencontré au Mexique. Une histoire de fou ! Je devais venir le rejoindre au Québec. Un mois avant que j’arrive, on s’est séparés. J’avais lâché ma job, j’avais dit à tout le monde que je m’en allais au Québec. Je ne savais pas quoi faire. J’étais dans un dilemme cornélien ! C’était vraiment difficile, mais je sentais que si je ne le faisais pas, j’aurais des regrets. Ma famille ne comprenait pas pourquoi je voulais partir. Personne ne voulait que je parte. J’ai pris la décision à contre-courant.

J’avais deux amis, des personnes rencontrées à Montréal quand j’y étais venue en vacances, qui étaient full motivés à me voir m’installer au Québec. Ils ont dit : “Sandrine, on sera à Montréal le 10 décembre. Si tu atterris le 10, on vient te chercher et on t’amène avec nous le 11 à Matane.” Je n’étais vraiment pas certaine, mais j’ai dit : “Ok, let’s go !”

Mes amis m’ont accueillie à l’aéroport avec des vêtements d’hiver. Le lendemain, on partait pour Matane. J’y suis encore aujourd’hui ! »

Portrait 7 : Sylvie Paradis

Sylvie Paradis, 52 ans, en recherche d’emploi, de retour à Matane depuis le 21 mai 2019, originaire du Nouveau-Brunswick.

« J’ai étudié au Cégep à Matane. J’ai rencontré un gars d’ici. On a vécu à Matane de 1988 à 2000. Nous sommes ensuite allés à Montmagny. Mon conjoint s’ennuyait de sa famille. On a décidé de revenir, le printemps dernier. On habite à Saint-Léandre. On a repris la maison de mon beau-père qui est décédé.

J’aime le fleuve. Les couchers de soleil derrière le Riôtel sont si beaux ! Il y a de jolis couchers de soleil ailleurs, mais pas autant qu’ici.

Je trouve que c’est facile de s’intégrer à Matane . Les gens sont sympathiques, ils se préoccupent des autres. Depuis mon retour, j’ai joint un groupe de conversation anglaise. Grâce à ce groupe, je me suis refait un réseau social et je découvre de belles activités à faire dans La Matanie. »

L’équipe du SANAM s’agrandit!

C’est avec une grande joie que nous vous présentons Sandrine Edmond qui vient de se joindre à l’équipe du SANAM à titre d’Agente de développement en attractivité et intégration!

Originaire de la Martinique, Sandrine est arrivée à Matane en décembre 2017 pour rendre visite à des amis et elle n’est jamais repartie! Forte d’un bagage académique et professionnel en développement agricole et rural, de ses expériences de travail au Ghana, en Inde, en France, en Martinique et au Québec, Sandrine a aussi un intérêt marqué pour l’interculturalisme ainsi que pour l’engagement social et communautaire. Elle est par ailleurs déjà très impliquée dans sa collectivité d’adoption et a développé une bonne connaissance de La Matanie et des enjeux territoriaux.

Sa propre expérience d’arrivée, d’adaptation et d’enracinement en Matanie, conjuguée à sa personnalité chaleureuse et accueillante, ainsi que son intérêt envers la culture québécoise, font d’elle une personne de choix. Les nouveaux arrivants, l’équipe et les collaborateurs du SANAM seront privilégié-es de pouvoir compter sur son apport tant attendu!

Bienvenue dans l’équipe Sandrine!

*un communiqué officiel suivra

Kim Bergeron ::: Quand région rime avec carrière!

Vous pouvez entendre sa voix tous les après-midis sur les ondes de Radio-Canada, la croiser en randonnée dans le Parc de la Gaspésie et avez de fortes chances de l’apercevoir dans un événement musical ou culturel de la région! Kim s’intéresse à tout et c’est probablement ce qui lui a valu le rôle d’animatrice à Radio-Canada Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine depuis le mois d’août dernier. Rencontrez cette néo-Matanaise installée ici depuis près de deux ans!

Originaire de Saint-Léonard-d’Aston, un petit village agricole dans le Centre-du-Québec, Kim n’avait qu’une seule idée en tête à l’âge de 9 ans : intégrer l’harmonie de son village. « J’ai tellement poussé pour entrer dans cette harmonie et quand j’ai pu le faire, ça a été décisif pour mon avenir! » La musique guide ensuite une grande partie de sa vie. De la clarinette au saxophone baryton, son instrument de prédilection, du classique au jazz, elle est aussi flûtiste et choriste dans le groupe de musique folk-traditionnelle La RéVolt pendant huit ans. Elle occupe aussi des emplois dans l’industrie musicale, puis sort même un mini-album en solo en 2009.

Après avoir réussi à vivre de sa passion pendant ces années, Kim décide de retourner sur les bancs d’école pour étudier en communications sociales à l’UQTR. Elle explore alors divers rôles dans les équipes de télévision et de radio et c’est au moment où elle essaie l’animation que les gens autour d’elle s’exclament :« Kim, tu es faite pour animer! C’est ton métier, y’a rien à redire! » « C’était une sorte de révélation autour de moi! », se rappelle la musicienne qui ne se doutait pas encore qu’elle commençait alors sa carrière radiophonique.

« Dans ce réseau, on dit tout le temps qu’il faut aller en région éloignée pour lancer sa carrière », explique-t-elle. C’est ce qu’elle décide en s’installant à Gaspé où elle anime à la radio communautaire pendant plus de deux ans. Elle vit alors son premier contact avec la Gaspésie et tombe en amour avec la région. Lorsqu’un poste de chroniqueuse culturelle s’ouvre à Matane pour Radio-Canada, Kim n’hésite pas une seconde et s’installe ici en 2017. Elle adore sa nouvelle équipe de travail et se plaît dans son nouveau rôle qui allie à la fois son intérêt pour la culture et la radio.

Curieuse de tout, Kim s’est rapidement intégrée dans le mode de vie matanien : « J’ai appris à découvrir ce que Matane avait à offrir et j’ai envie de rester! » Parmi les éléments qu’elle adore de la ville, il y a le festival PHOS, une épicerie qui offre des produits locaux, biologiques et écologiques comme l’Épicerie Toujours Dimanche, les nombreuses options de randonnées en montagne et la proximité de plusieurs événements musicaux comme le Festival Musique du Bout du Monde ou le Festival en chanson de Petite Vallée. Kim a aussi rencontré un Matanais avec qui elle a acheté une coquette maison dans le centre-ville de Matane et qui lui a fait découvrir le mode de vie matanais qu’elle aspirait tant à expérimenter davantage : « J’ai trouvé mon Matanais d’origine qui m’amène faire des tours de Jeep dans le bois! se réjouit-elle. Moi qui suis super intéressée par l’art et la culture contemporaine, je trippe tout autant à découvrir la musique country de mon chum! ».

On pourrait dire que Kim a le vent dans les voiles! À l’été 2019, ses performances à la radio l’ont amenée à être désignée animatrice pour l’émission Au cœur du monde. Ce qui la passionne de ce nouveau défi professionnel ? « Tout ce que je vais apprendre !!! » s’exclame-t-elle aussitôt!

Kim, tu es décidément à la bonne place! Ton authentique curiosité pour la région et le regard que tu poses sur celle-ci contribueront certainement à nourrir l’intérêt des gens d’ici à en apprendre plus sur leur pays. Bravo et bienvenue chez toi!

Ofelya Sargsyan ::: Faire découvrir la cuisine arménienne!

En mai dernier, vous avez sûrement entendu parler du fameux souper arménien qui s’est tenu à la Boulangerie Toujours Dimanche et dont les 40 places se sont envolées en à peine deux jours! Nous vous proposons de rencontrer la jeune femme extraordinaire qui se cache derrière cette nouvelle offre culinaire arménienne à Matane : la jeune Ofelya Sargsyan!

Ofelya Sargsyan

Originaire de la ville d’Ijevan en Arménie, Ofelya ne s’était jamais imaginée vivre à un autre endroit que dans son pays natal qu’elle chérit tant. Lorsqu’elle se maria avec Ilya, un Arménien d’origine devenu citoyen canadien, ils choisirent de tenter l’expérience canadienne. En octobre 2017, Ofelya posait ses valises à Matane. Elle ne se doutait pas encore qu’elle deviendrait maman dans l’année qui suivait et qu’elle créerait un engouement pour la cuisine arménienne chez les Matanais!

Même si la grande curiosité d’Ofelya l’a amenée à voyager dans plusieurs pays, déménager sur un autre continent représente une tout autre aventure avec son lot de défis! Mais l’amour est fort! L’histoire remonte à 2005 lorsqu’Ilya immigra à Matane avec une dizaine d’Arméniens pour travailler dans l’usine de taille de diamants qui venait alors d’ouvrir. Il aima tout de suite la ville pour sa tranquillité et sa proximité avec la nature et voulut y revenir même si l’usine ferma quelques années plus tard et qu’il du trouver du travail ailleurs au Québec. Il rencontra Ofelya lors d’un voyage en Arménie, puis ils se marièrent. C’est à ce moment que l’idée de vivre au Canada entra sérieusement dans la vie d’Ofelya.

Ofelya Sargsyan 7Titulaire d’une maîtrise en économie, Ofelya travaillait depuis plus de six ans dans une banque dans la capitale Erevan. En dehors de son emploi, la jeune professionnelle entretenait une vie très remplie : « J’avais beaucoup d’amies, je sortais tout le temps à l’opéra, au théâtre, faire du sport, je cuisinais pour de grandes réunions de famille, j’aidais au restaurant familial », raconte Ofelya. On peut tenter d’imaginer le contraste entre sa vie arménienne et celle matanaise, alors qu’elle ne connaissait personne à Matane au début et… que les concerts d’opéra sont plutôt rares ici !

Une fois arrivée, Ofelya débuta des cours de français pour se perfectionner dans cette langue qu’elle avait déjà apprise en Arménie et commença à se chercher un emploi. « Ma professeure de francisation, Mélanie Gagné, a été une personne d’une aide incroyable pour moi et je suis très contente que nous soyons devenues amies. Je tiens aussi à dire que Josée Lefrançois du Carrefour-Jeunesse Emploi m’a offert une aide précieuse pour ma recherche d’emploi, j’ai été très bien accompagnée », explique celle qui trouve que les rencontres qu’elle a faites depuis son arrivée ici sont humainement très riches. C’est finalement chez A&W qu’Ofelya a trouvé du travail en mars 2018 et elle y a trouvé des collègues qu’elle adore et une équipe qui l’a accueillie très chaleureusement.

S’adapter à un nouveau pays et à son nouveau rôle de mère!

Quelques mois après son arrivée ici, Ofelya apprenait qu’elle était enceinte! Elle ne cache pas que l’idée d’avoir un enfant loin de sa famille était plutôt stressante : « Nous nous sentions un peu seuls, Ilya et moi. Avoir un enfant lorsque ta famille est loin, c’est très difficile, mais ça nous a beaucoup rapprochés, on est devenus une équipe très forte », explique Ofelya. À la naissance de leur adorable fille Nane, les jeunes parents ont rapidement constaté qu’ils ne seraient pas laissés à eux-mêmes et que le soutien de l’équipe de médecins et d’infirmières allait être au-delà de leurs espérances. « Ce sont des gens incroyables, nous avons été très impressionnés par toute l’aide qu’on a eue! » s’exclame-t-elle.

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Faire découvrir la cuisine arménienne

Comme si toutes ces nouveautés n’étaient pas suffisantes, Ofelya a décidé de se donner comme mission de faire connaître les saveurs arméniennes à la population matanaise, étant passionnée de cuisine. Sa bonne fée Mélanie Gagné a joué les entremetteuses entre elle et Marie Fortin de la Boulangerie Toujours Dimanche. De cette rencontre est née une belle collaboration et c’est ainsi que l’idée d’offrir un souper arménien à Matane a émergé! Le 19 mai dernier, les 40 convives qui avaient été les plus rapides à réserver un billet (et qui ont fait des jaloux) ont participé à un généreux souper arménien à la boulangerie. Plus de quinze plats différents se trouvaient sur la table! « En Arménie, on mange d’abord avec les yeux. Il faut que la table soit remplie et très belle. Je voulais aussi que les gens goûtent à plusieurs saveurs différentes », explique Ofelya qui a l’habitude de cuisiner pour sa famille très nombreuse et qui semblait tout à fait à l’aise dans son rôle de chef invitée. En attendant le prochain repas, pour les curieux, on retrouve désormais des produits arméniens à l’Épicerie Toujours Dimanche.

 

Organisatrice hors pair et quelque peu entrepreneure dans l’âme, cette collaboration est peut-être le germe de projets plus grands! Près d’un an et demi après avoir immigré à Matane, Ofelya dit que ses amies n’en reviennent tout simplement pas de tout ce qu’elle a pu accomplir depuis son départ : se trouver du travail, perfectionner son français, devenir maman, s’adapter à un nouveau pays, offrir des expériences culinaires arméniennes, se faire de nouvelles amies… Décidément, Ofelya est encore la jeune femme dynamique qu’elle était en Arménie… à notre grand bonheur!

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Nous sommes très heureux de t’accueillir parmi nous, Ofelya! Nous te souhaitons du succès dans tout ce que tu entreprendras dans le futur!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alain Gagnon : L’audace de choisir un mode de vie


Alain GagnonOriginaire de Sainte-Anne-des-Plaines dans les Laurentides, Alain a passé 20 ans à Montréal avant de faire le saut en région. L’ancien directeur de la programmation et des opérations au Club Soda commençait à souhaiter un changement de mode de vie depuis quelques années et la région semblait pouvoir répondre à ce besoin grandissant.

À l’automne 2018, Alain rencontra la délégation de La Matanie qui était présente à la Foire nationale de l’emploi à Montréal. Un mois plus tard, il mettait les pieds pour la première fois à Matane en participant à un séjour exploratoire. Il a alors un véritable coup de cœur lors de son expérience ici ; c’est une sorte de révélation pour lui! Il trouve ce qu’il cherchait depuis longtemps. « Les valeurs humaines que j’ai trouvées ici et l’authenticité des gens m’ont vraiment touché ». Après quatre jours passés à l’air salin à sillonner le territoire matanien, rencontrer plusieurs personnes qui ont choisi de vivre en Matanie et qui sont passionnées par leur coin de pays adoptif ou natif, Alain retourne à Montréal la tête et le cœur remplis par ce qu’il vient de vivre.

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Séjour exploratoire en Matanie, novembre 2018

Après plusieurs années à se questionner sur ce qu’il souhaite pour son avenir et à envisager la vie en région, il croit alors avoir trouvé ce qui lui convient. À ce moment, même s’il n’a pas encore d’emploi à Matane, il préfère choisir un mode de vie et un lieu qui correspond à ses valeurs, puis il cherchera ensuite un emploi. « Normalement, on trouve un travail et on déménage. Moi, j’ai fait le contraire! C’est un peu fou! »

Pendant que sa motivation est au plus haut, Alain décide de faire le saut. En à peine deux semaines, son appartement est sous-loué, il trouve des preneurs pour ses meubles, fait ses valises, fête son départ avec ses amis Montréalais et sa famille et prend un billet d’autobus aller simple pour Matane!

Le 4 décembre, l’aventure matanaise commence, avec un certain mélange d’émotions, vous pouvez l’imaginer! Ce qui l’attend est inconnu, mais au fond de lui-même, Alain est convaincu qu’il fait le bon choix ; c’était maintenant ou jamais.

Son nouvel appartement l’attend et son arrivée ici se passe bien. Maintenant, le défi est de trouver un emploi! Ayant étudié en Cinéma et communications au Cégep et suite à une formation en technique d’ingénierie du son à l’école Musitechnic, Alain avait travaillé dans le domaine du multimédia durant quelques années chez Ubisoft, alors que la compagnie était à ses débuts. Puis, il constata que sa fibre artistique était incontournable. C’est alors qu’il œuvra au sein d’Ame Art, un organisme visant à favoriser le développement social et professionnel des artistes, et au Gesù pendant plusieurs années, comme adjoint à la direction, puis comme directeur de la programmation. Ces expériences le propulsèrent au Club Soda où il occupa le poste de Directeur de la programmation et des opérations durant 5 ans. L’effervescence du milieu culturel et artistique montréalais, le contact interculturel et les rencontres avec des artistes émergents le nourrissèrent grandement durant cette période.

Il arrive à Matane avec le souhait de contribuer au dynamisme local, au combat des petits commerces de proximité, ainsi qu’à la vie socioculturelle et communautaire. Les enjeux régionaux actuels le stimulent énormément et il désire trouver comment il peut y apporter du sien. Alain comprend rapidement que c’est en se créant un réseau de contacts qu’il trouvera sûrement sa place ici. En attendant de trouver l’emploi qui répondra à ses aspirations, Alain s’implique dans des projets comme ARTS3, travaille chez McDonald et pour le diffuseur de spectacles Kaméléart. Sa persévérance portera fruit : en mars 2019 il obtient le poste de Directeur de la Chambre de commerce de la région de Matane. Bien heureux du déroulement des choses, il est convaincu que cet emploi lui permettra d’apporter du sien aux entrepreneurs, à la communauté et au dynamisme collectif. Les membres de la CCRM sont d’ailleurs invités à venir rencontrer le sympatique nouveau directeur le 18 avril 2019 lors d’un 6 à 8 à la Boulangerie Toujours Dimanche.

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Alain Gagnon dans ses nouvelles fonctions de Directeur de la Chambre de commerce de la région de Matane

Fait cocasse, Alain fera partie de la délégation qui se rendra à l’Événement Carrières les 10 et 11 avril prochains à Montréal pour promouvoir la région et les emplois disponibles. Étant donné qu’il avait lui-même entendu parler de La Matanie pour la première fois lors d’un salon de l’emploi à l’automne dernier, on peut dire qu’il sera très bien placé pour témoigner des possibilités professionnelles en région et du processus de migration de Montréal à Matane!

Déjà excellent ambassadeur de La Matanie, Alain nous démontre qu’un parcours atypique, une approche proactive et de l’audace peuvent parfois nous mener à atteindre ce que l’on cherche. Alain, on te souhaite de récolter tout le bonheur que tu as semé en choisissant de faire ce choix! Nous sommes très heureux de te compter parmi nous et la Chambre de commerce a certainement trouvé un directeur hors-pair. Ton parcours est assurément très inspirant et nous souhaitons qu’il aide d’autres à suivre leur instinct et à faire le choix des régions et de La Matanie!

Portrait : Luc Massicotte ::: Quand la synergie est là!

Luc Massicotte
Luc est né à Montréal. Il habitait Ville Lorraine depuis 2004, au nord de Montréal et est ingénieur industriel. Pendant huit ans il a travaillé à son compte dans sa boîte de consultation spécialisée dans l’amélioration continue des processus d’affaires. Il y a quelques années, il a commencé à planifier sa réorientation professionnelle. C’est en dénichant une offre d’emploi pour un poste de Conseiller en écologie industrielle à la SADC de la région de Matane qu’il décida de postuler! C’était peut-être l’occasion qu’il cherchait : il allait pouvoir se rapprocher de sa fille qui habite à Gaspé, quitter le trafic et relever un nouveau défi professionnel qui le stimulait énormément. Un déménagement, ça peut prendre du temps à se planifier… sauf quand on se fait embaucher plus vite que l’on croyait! Alors hop! À l’été 2017, Luc fermait son entreprise, commençait son contrat et déménageait à Matane! Voici le début d’une belle aventure.

Proactif et ouvert, Luc avait comme objectif de s’intégrer rapidement à son nouveau milieu. La première semaine de son arrivée, il ne tarda à aller dans les 5 à 7 à la Fabrique, se joindre aux Dîners de l’amitié organisés par les Cuisines collectives, puis essayer le Ultimate Frisbee, se joindre aux activités Rézo Matanie et du Groupe d’entraide Matanie. Conjugué à l’accueil chaleureux que lui ont réservé ses collègues de la SADC, le résultat est impressionnant! Même Luc ne s’attendait pas à ce que ce soit aussi rapide : en quelques mois à peine, il se lie d’amitié avec plusieurs personnes, son agenda est rempli d’activités toutes les semaines, il s’implique dans le conseil d’administration des cuisines collectives et de Ultimate Matane, ainsi que dans le comité consultatif en environnement de la ville de Matane! Tout ça, en plus de travailler dans le cadre de son emploi au développement du nouveau Projet Synergie Matanie, un projet novateur d’économie circulaire.

« Où trouve-t-il tout ce temps, vous demanderez-vous? » Luc explique : « À Ville Lorraine, je passais parfois deux à trois heures par jour dans le trafic. Quand je suis déménagé ici, j’ai retrouvé ces heures perdues et je peux les investir dans ce qui me plaît vraiment et dans les causes qui me tiennent à coeur »! Selon Luc, sa qualité de vie s’est grandement améliorée depuis son arrivée. Habitant au centre-ville, il se rend partout à pied ou à vélo, ce qui lui donne le temps de découvrir les charmes de Matane.

Il constate que le mode de vie d’ici favorise beaucoup plus l’implication sociale et communautaire, car il trouve que les gens sont moins centrés sur leurs besoins individuels et ont plus de temps. « En ville, tu es une goutte dans l’océan, mais ici, tu es un éléphant dans la piscine », s’exclame-t-il en riant! En s’impliquant et en participant aux événements, on rencontre beaucoup de gens et on revoit souvent les mêmes personnes. Ça favorise la création de liens, ça nous tisse chaque fois plus serrés et ça donne le goût de s’impliquer pour la collectivité.

Visiblement bien heureux de vivre ici, au printemps 2018, Luc a pris la décision de rester définitivement à Matane. « Je n’accepterais pas de voir ma qualité de vie diminuer, maintenant que je bénéficie de tout ça, explique-t-il. En plus, j’ai rencontré l’amour! » Cette surprise dans sa vie aide sûrement la balance à pencher du côté « rester », mais ça complète aussi un tout… c’est ce qu’on appelle la synergie!

On te souhaite bien du bonheur ici Luc! La Matanie est plus unie grâce à toi!